Douglas Harding !
Quel sacré bonhomme !

par Catherine Harding

«Douglas Harding? He is a hell of guy!»
George Schloss


Oui, George ! Douglas était un sacré bonhomme !

Et je remercie la vie de m’avoir accordé le grand privilège de le rencontrer et de devenir sa femme.

« Un petit garçon dessinait avec un soin et une attention inhabituels.
– Que dessines-tu ? demanda sa mère.
– Dieu, répondit-il.
– Tu ne peux pas dessiner Dieu. Personne ne sait à quoi Il ressemble.
– Tout le monde le saura quand j’aurai termine, dit-il avec assurance. »


C’est une histoire qu’il racontait. En fait, je pense que c’est son histoire, l’histoire de sa vie.

‘Fou de Dieu’, depuis son plus jeune âge il avait cherché à découvrir ce qu’il y avait au centre de lui-même, des signes, des preuves de ce qu’il était vraiment, de ce qu’était l’univers. Il ne cessait de faire des dessins. Jusqu’au jour où il eut la Vision définitive :



Son incroyable ingéniosité, doublée ensuite de sa maîtrise de l’architecture, lui permit de concevoir des exercices d’une simplicité géniale (« Le génie, c’est l’enfance sans cesse retrouvée » disait Baudelaire), des exercices ou expériences grâce auxquels tout un chacun peut VOIR et PERCEVOIR sa véritable nature. « Faites pivoter votre attention de 180°, désignez du doigt CE qui regarde en vous et Voyez QUI VOUS ETES VRAIMENT, VRAIMENT VRAIMENT », clamait-il infatigablement !


La découverte est incontournable puisque, pour la première fois dans l’histoire de la spiritualité, elle est basée sur la méthode scientifique de l’observation pure des faits évidents, démontrables et toujours accessibles. Pour la première fois, il ne s’agit plus de concepts, mais de percepts.
Après 2000 ans, ENFIN !

« J’ignore ce qu’il en est pour vous, disait-il. « Quant à moi, je ne parviens tout simplement pas à décider si je suis le type intellectuel, ou le type sensoriel sensuel, ou le type émotionnel, ou le type actif, ou le type fainéant, ou un peintre de trottoir manqué, ou (par la grâce de Dieu) une sorte d’idiot éveillé. »


Ayant découvert l’accès direct à sa véritable Nature, ce « Pays de la Clarté Eternelle », La Présence au centre de nous-même, il n’avait qu’un seul but : révéler au monde comment Cela est accessible et partager ce « secret ouvert » avec le plus grand nombre. (Mission accomplie !)


« Il n’y a rien à comprendre, c’est à VOIR, au Centre, Ici »
Et avec les exercices, c’est possible, merci Douglas !
« Oh ! ce n’est pas grâce à Douglas, mais malgré Douglas ! »

Certes, il fut ‘inspiré’, mais quel courage ! Pendant 14 ans seul et considéré comme insensé, loin de renoncer il travaillait jour après jour, obstinément, à chercher des moyens de partager sa vision. Je découvre encore au fond des tiroirs des manuscrits, des dessins, des constructions de toutes sortes destinés à ce partage !


Ce qu’il y avait de merveilleux en lui, c’est sa façon d’être un être humain à part entière. ‘Fou de Dieu’ mais cependant bon vivant (oh ! la crème caramel !), plein d’humour et de tendresse, très patient et très impatient, à la fois timide et audacieux, orgueilleux et humble, tolérant et très têtu (en un mot : adorable!) il acceptait son humanité et témoignait en même temps avec enthousiasme de son expérience de la dimension divine. Doué d’une incomparable intégrité, il marchait dans ses mots. Jamais il ne se croyait supérieur aux autres. (« Tous voient, simplement ils ne savent pas qu’ils voient ! ») Jamais il n’a cherché à tirer le moindre profit de son enseignement, jamais il n’a cherché à prendre le pouvoir sur qui que ce soit, pas même sur moi, sa femme. ( Sa devise : « Ne croyez rien. Testez ! Soyez une lampe pour vous-même ! ») Il a toujours respecté mon droit d’être ou de penser différemment : nous disparaissions l’un pour l’autre, et l’osmose finale dans l’Infinie Conscience était parfaite. Lorsqu’il s’est retrouvé sérieusement handicapé à la suite de plusieurs chutes, jamais il ne s’est plaint, ni de la souffrance, ni de la dépendance. Il attendait avec sérénité son union avec La Source.

« C’est très intéressant de mourir », nous a-t-il dit le dernier jour. Et puis : « confiance, confiance ».

Vivre sans cesse en harmonie entre l’humain et le divin que nous sommes… quel bonheur ! C’était cela, vivre avec Douglas.

Catherine Harding


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