Témoignage de Catherine Harding

Le sac en papier, tunnel d'amour ?


A la suite des ateliers, on me demande souvent comment je peux affirmer que la vision sans tête mène à l'amour. Oh ! Je sais, à force d'être galvaudé, le mot est devenu exsangue. Je vais tenter de m'expliquer plus clairement, en vous parlant d'une autre façon d'utiliser le sac en papier.

Si je me place la tête dans le sac face à un miroir, de mon côté je vois, sans aucun doute possible, l'absence totale de visage, l'ab­sence totale de quoi que ce soit, la Grande Ouverture, l'Immense Clarté Consciente, vide et libre de tout, que JE SUIS VRAIMENT. Et je m'abandonne à cet Espace, je me laisse dissoudre en lui. Mais dans le miroir à l'autre bout, je vois le visage de celle que QUI JE SUIS VRAIMENT joue à être provisoirement. Qui Je Suis vraiment joue à Catherine, s'est Catheriné pour un temps.

Le matin, à l'instant du réveil, je suis d'abord, ne serait-ce qu'un instant (et vous l'êtes également), cette Conscience pure et infini­ment spacieuse, infiniment claire et vide, qui apparaît si claire­ment aussi dans l'expérience de la Carte. Et puis, peu à peu le monde se produit à nouveau en moi et je vois le personnage Cathe­rine se reformer dans cet espace, avec les souvenirs, les émotions, les sensations, les projets qui surgissent les uns après les autres pour reconstituer ce puzzle éphémère appelé Catherine.

Or, si je continue à regarder la Clarté de mon côté, voyant que la Conscience Universelle que je suis vraiment, le JE, joue à Cathe­rine, je vois également que JE, précisément parce qu'il est univer­sel, joue aussi à Douglas, à Alain, à Brigitte, au faisan qui se pa­vane dans le jardin, aux cerisiers en fleurs... et que JE SUIS EUX TOUS, JE SUIS TOUTES LES CREATURES, en elles, avec elles, et je ris avec elles, j'ai mal avec elles, et je pleure avec elles, je respire avec elles, JE SUIS UNE AVEC ELLES dans notre diversité, en même temps que nous sommes toutes UNE dans la Grande Clarté.

Si ce n'est pas Cela, l'Amour, qui me dira alors ce que c'est ?

Vous allez sans doute me demander comment je peux être UNE avec une personne déplaisante, agressive ou cruelle ? Tout sim­plement parce que je sais que tout est possible, pour chacun d'entre nous, dans ce jeu que nous jouons tous (dont nous sommes prison­niers lorsque nous nous immergeons dans le personnage, mais dont nous pouvons nous libérer en regardant simplement de notre côté du sac), et je vois que cette fois-ci JE a été coincé dans une situation de souffrance telle qu'elle a produit ce personnage. Et où se trouve ce JE sinon ici, exactement là où je suis en ce moment ? Alors je ne peux que souffrir avec cet autre qui n'est qu'une autre apparence de Qui Je Suis Vraiment. Et la seule solution reste toujours la même : VOIR, VOIR, VOIR la Clarté de notre côté de l'invisible-mais­non-moins-présent sac en papier, et nous saurons ce que nous avons à faire.

Mais attention ! Si tout cela ne reste que des « idées », ça ne mar­che pas. Il est nécessaire de pratiquer. Essayez. Pratiquez le tun­nel de l'amour, c'est le seul jeu libérateur ! Au début, c'est difficile, mais plus on y joue, plus on devient expert.

« Quelle merveille que le chemin d'amour où le sans tête est révélé ».
Hafiz (mystique soufi)


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