Témoignage de Philippe Fabri

Ne me croyez pas, regardez, voyez


Il y avait la grande foule à Ardenne les 25 et 26 Novembre pour accueillir Douglas Harding et son épouse Catherine, 120 personnes dont la moitié n'avait pas encore eu l'occasion de partager avec ces deux amis si chaleureux. Le chemin proposé par Douglas attire de plus en plus de monde; sa grande simplicité, l'absence d'enseignement proprement dit, mais un partage d'expériences on ne peut plus simples permettent de dépoussiérer une spiritualité souvent encombrée de repères, comparable à une route encombrée de panneaux routiers que l'on s'arrêterait pour lire en oubliant de continuer à rouler.
Douglas Harding déblaie la route et nous fait rouler à une vitesse vertigineuse, nous montrant un chemin on ne peut plus direct pour VOIR et ETRE ce que nous sommes.

Durant ce week end, il nous a proposé de choisir entre deux hypothèses sur ce que nous sommes :


Hypothèse A : qui est le choix retenu par la majorité des gens, qui est l'image que nous avons habituellement de nous.
Nous serions quelque chose: de solide et coloré,
de limité, séparé des autres objets, formes et êtres vivants, donc confrontés aux autres, stressé par le monde extérieur,
de périssable, c'est à dire qui est né un jour et qui mourra un jour,
de mobile, se déplaçant dans le monde des formes.


Hypothèse B : ce choix a toujours été défendu tout au long de l'histoire, mais par un petit nombre d'individus, certains d'entre eux restent célèbres: Jésus, Bouddha, Maître Eckart, Ramana Maharshi, Amma pour n'en citer que quelques uns
Pour eux, nous serions :
– immaculés, vides, et en même temps pleins de tout ce qui est ;
– sans aucune limite dans l'espace ;
– impérissables, éternels et non nés ;
– immobiles, le moteur immobile du monde ;
– éveillés.

Qui allons-nous croire? La majorité ou la minorité? Le moins que l'on puisse dire est que ces deux hypothèses sont complètement opposées! Douglas Harding nous a proposé tout au long du week end des expériences simples où nous sommes notre propre juge, des expériences qui nous permettent de voir en nous en tournant notre regard à 180°. Le but de ces expériences est de nous permettre, sans tenir compte de l'avis des autres, de choisir d'une façon définitive sur quelle hypothèse nous allons exister. Cela est redoutable pour le mental, pour l'ego qui ressent que ses fondations ne sont pas très solides. Douglas nous précise que si nous sommes très forts dans le monde des formes, dans le monde extérieur, nous avons au moins cinq cents ans de retard en ce qui concerne notre recherche intérieure.

Les expériences ont suscité de nombreuses réactions:
QUESTION : Quand je découvre ma conscience, j'ai toujours aussi peur de la mort...
DOUGLAS: Il ne s'agit pas de découvrir "ma" conscience, mais la conscience. La conscience est en tout, elle ne nous appartient pas, elle ne peut donc pas mourir.

Q : Et la réincarnation?
DOUGLAS : Seul ce qui naît peut se réincarner, ce qui est dans le monde des formes. Ce que vous êtes est non né.

Q : Dans l'expérience du tube, j'ai peur.
DOUGLAS : C'est normal, voyez qui a peur, hypothèse A ou hypothèse B? L'espace que vous êtes, peut accueillir cette peur.

Q : La méditation?
DOUGLAS: Les postures immobiles, ce n'est pas pour moi, j'ai essayé, c'est un tout petit peu ennuyeux. Prendre conscience en permanence du vide qui accueille les formes, du silence qui accueille le bruit, de l'immobilité qui accueille le mouvement est pour moi plus facile dans la foule ou dans la nature. C'est une forme de méditation dans l'activité. Il faut noter que Catherine Harding s'insurge quelque peu contre cela et est persuadé que la méditation immobile est très utile pour certains.

J'ai péché quelques phrases de Douglas et Catherine qui me semblaient éclairantes:
Voir ce que nous sommes n'est pas difficile, fixer cette vision demande une longue pratique car nous devons perdre un conditionnement.

Quand je vois ce que je suis, mon centre de gravité descend au niveau du coeur qui s'ouvre et l'amour peut se manifester.

Donnons une chance à l'amour qui ne peut fleurir que sur la Vérité.

Le chapeau paraît petit, mais quand je le pose sur ma tête, il recouvre tout l'univers.

Le Très Haut descend au plus bas pour donner sa vie pour le monde; C'est très émouvant, très beau, très mystérieux ajoute Douglas.

Ayez beaucoup de gratitude pour ce que la Vie, la société vous donne, il est peut-être temps maintenant que ce soit vous qui lui donniez.

Merci Douglas, merci Catherine.


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