Témoignages


Témoignage de Magali : La passante immobile

« Remercie Dieu de ne pas t'accorder ce que tu lui demandes. »
proverbe Soufi

« Jésus a dit : soyez passants »
Logion 42 de L’Evangile selon Thomas

Au cours de l'atelier d'été qui se déroulait en Ardèche, plusieurs amis m'ont félicitée parce que j'avais changé, j'avais l'air d'aller mieux, et je m'entendais répondre « oui, tout va bien maintenant... je ne manque de rien... on peut même dire que je suis heureuse ».

Et c'est vrai que la passante que je suis est plus à l'aise. Je comprends maintenant qu'il suffit de mettre un pied devant l'autre, comme dans la chanson, et de continuer à faire confiance, même lorsque, de temps en temps, la route redevient mauvaise et pentue. Je sais qu'elle n’est pas tout le paysage, et surtout, j’ai compris, car j’ai vu malgré ce que l'on m’a appris, qu'au lieu que ce soit moi qui avance et qui fasse l'effort de marcher, c'est la route qui se déroule comme un tapis magique sous ses pieds.

Ca se fait tout seul, à condition de décider de ne pas choisir, et de prendre toujours le chemin qui est là, juste devant moi, après chaque tournant. Lorsque je vois QUI je suis vraiment, et que je fais à chaque instant la tâche qui se présente à moi, il n'y a plus de carrefour et de problèmes de choix : le chemin s'impose de lui-même.

Le seul choix qui reste est le suivant : vais-je incarner ou non la première personne que je suis de toutes les façons, vais-je cesser de faire semblant de me prendre pour une autre, vais-je enfin regarder le chemin avec mon oeil unique, ou bien continuer de croire que je le regarde à travers deux petits trous dans une boule de viande ?

Ce choix n'est-il pas capital, dans tous les sens du terme ?






Témoignage de Jean : le sourire

Pour l'heure, je vous propose à tous, de mettre en pratique ce moyen permettant de rester de très longs instants dans la vision.

En fait, "il" est venu tout seul, sans intention. C'était lors d'une promenade en Auvergne (eh oui! On a les Himalayas qu'on peut!). Donc, déambulant le long d'un petit torrent fougueux en cette période, sans effort, sans désir, mon attention quitta le paysage et dans un mouvement de retour elle se posa sur mes épaules, là où il n'y a RIEN. RIEN sauf... que je me suis surpris à sourire. Nettement, ce Rien souriait, légèrement sans crispation, tel un Bouddha. Le seul fait de sentir le contact si doux de mes lèvres me maintenait dans la présence du sans tête.

C'est pourquoi, j'indique ce moyen à tous mes amis : Ressentez le contact si léger de vos deux lèvres, cette mince ligne quasi inexistante et vous êtes instantanément plongé dans votre propre présence.

Car la méthode du doigt qui pointe vers la non - tête est excellente. Mais on peut s'attarder sur ce doigt. Ou alors, notre attention fait des allers - retours du doigt vers le VIDE et du VIDE vers le doigt. Penser et essayer de voir l'absence de tête, engage la volonté et parfois le mental se met en action. Et on se dit :"Oui; là, j'y suis, je vois le VIDE. Mais il faut aussi percevoir ce qui le remplit..." et ainsi de suite. Avec la sensation du contact des lèvres, on y EST. Sans effort, sans pensées pertubantes aussi subtiles soient-elles. On y EST, dans l'absence ET la présence des choses. Enfin, voilà comment ça marche dans mon cas. Et de plus, il paraît (d'après l'entourage) que vous êtes souriants, d'une façon énigmatique, et la tête que pose les autres sur vos épaules semble plutôt détendue.

Alors, voilà, essayez, peut-être que ce truc marchera pour d'autres, en tout c'est ce que je souhaite.


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