Témoignage de Jan

Source de Paix intérieure

J'ai rencontré pour la première fois Catherine et Douglas Harding en 1996 lors d'un atelier en Belgique. C'est à l'occasion de l'exercice du doigt que l'étincelle s'est produite : j'ai alors réalisé simultanément la simplicité et l'importance de la Vision. Je serai encore bien souvent attiré par la redécouverte de la Source intérieure. Dans cet article, vous trouverez quelques expériences que j'aimerais partager avec vous. Ceux qui sont déjà familiers avec ce qu'on appelle la Voie Sans Tête, ne découvriront rien de nouveau ; mais je suis sûr que certains lecteurs se reconnaîtront au travers de certaines idées.

Bien que Douglas Harding ne m'ait pas enseigné « quelque chose de nouveau », tout ce que j'ai redécouvert n'a été possible qu'au travers des expériences qu'il propose. J'ai beaucoup de gratitude envers lui pour m’avoir permis de VOIR. Et c’est pourquoi je souhaite partager cette vision avec d'autres amis.

Il est évident que cette redécouverte ne peut être traduite en mots ; les mots ne sont rien d'autre que des descriptions mentales, des constructions mentales. Pour décrire « l'état d'esprit » que j'ai redécouvert pendant les expériences, j'emploie le mot « source de paix intérieure » parce que c'est une expression qui n’évoque ni une religion ni une voie particulière. D'autres utilisent les termes Vide, Ciel, Conscience ; vous pouvez y mettre les noms que vous souhaitez. Comme cela ne peut être traduit en mots, ce texte sera plein de contradictions et de « vides de sens ». Les mots de ce texte ne feront que pointer vers la Vérité, ils ne seront pas la Vérité elle-même.


Rien de nouveau ?

J'ai dit que cette découverte n'est rien de nouveau d'abord parce que ce n'est pas une chose et ensuite parce que ce n'est pas nouveau.
– Ce n'est pas un objet qui peut être observé, parce que c'est le sujet de l'observation. Les objets peuvent être vus dans la conscience, mais la conscience elle-même ne peut pas être vue.
– Ce n'est pas nouveau, parce que cette source a toujours été ici ; la différence c'est qu’à certains moments l'évidence de la source m'apparaît, je suis alors conscient d'être en contact avec elle. Alors je suis Un avec la source (et le moi en tant que personne disparaît).

C'est un état avec lequel nous sommes tous familiers, parce que nous sommes tous nés comme cela, mais nous avons perdu le contact avec cette source quand notre attention a été attirée vers d'autres choses : les émotions, les sentiments, les objets autour de nous, les sensations corporelles, les pensées, la mémoire, etc…

Vous pouvez avoir une expérience semblable au premier réveil chaque matin et en prendre conscience lors de ce bref moment encore flou, juste avant que vous ne sachiez qui est cet « amnésique », où il est, juste avant qu'il n'ait posé des étiquettes sur les choses autour de lui.

Ainsi, établir à nouveau le contact avec cet état est une expérience merveilleuse, parce qu'elle est toujours fraîche et enrichissante, et jamais ennuyeuse. C'est à chaque fois neuf et il est impossible de s'en rappeler ; de plus c'est toujours accessible pour chacun et à tout moment. Peu importe comment vous vous sentez, comment vous vous portez, c'est toujours là. Gratuitement. Beaucoup d'entre nous regardent trop loin. Douglas dit que c'est plus près de vous que vous ne pouvez l'imaginer. Une histoire semblable est racontée dans « Dropping Ashes on the Buddha » (L'enseignement du Maître Zen Sueng Sahn, Grove Press, by S. Mitchell)

Quand Dae Ju vint voir pour la première fois le Maître Zen Ma-jo, le Maître lui demanda :
– Que viens-tu chercher auprès de moi ?
Dae Ju dit :
– Je voudrais que vous m'enseigniez le Dharma.
– Quel fou tu es ! Tu as le plus grand trésor du monde à l'intérieur de toi et malgré cela tu vagabondes, demandant de l'aide à d'autres gens. Est-ce nécessaire ? Je n'ai rien à te donner.
Dae Ju s'inclina et dit :
– S'il vous plaît, Maître, dites-moi quel est ce trésor.
– D'où vient ta question ? C'est cela ton trésor. C'est précisément ce qui te fait poser cette question juste maintenant. Tout est emmagasiné dans cette précieuse demeure-trésor qui est tienne. Elle est là à ta disposition, tu peux l'employer comme tu veux, rien ne manque. Tu es le maître de tout. Pourquoi alors cours-tu loin de toi et cherches-tu des choses à l'extérieur ?
Dès qu'il eut entendu ces mots, Dae Ju atteignit l'Eveil.


Les expériences

Bien que la plupart des auteurs du Zen, du Tao et du non-dualisme (comme l'Advaita Vedanta) déclarent que « Tout est Un », leurs discours et leurs écrits ne livrent pas toujours la clé directe pour vérifier leurs dires. Ou peut-être n'étais-je pas capable de trouver la clé dans leurs enseignements.

Quoi qu'il en soit, les expériences de Douglas Harding ont tenu leurs promesses : me montrer immédiatement de quoi il parlait. Pour la première fois, je pouvais expérimenter immédiatement ce que d'autres auteurs ne faisaient que décrire dans leurs livres. Au vu de tout ce que je connais, c'est unique dans la littérature du yoga, de la méditation et de la spiritualité.

Douglas vous donne la clé qui permet d'ouvrir la porte menant directement au ciel ; les expériences sont développées pour ouvrir la porte et pour y rentrer immédiatement. Bien qu'il mette la cuiller juste en face de votre bouche, vous devez encore avaler par vous-même : vous devez faire l'expérience maintenant pour en voir les effets et pas seulement y penser. Personne d'autre que vous ne peut faire le pas final à votre place, et personne d'autre ne peut vous dire comment c'est, « là où vous êtes ». Au centre de votre être, vous êtes la seule et décisive autorité. Ainsi il est clair que vous devez vérifier par vous-même au lieu de croire ce que les autres ont pu vous dire. Je pense que c'est un principe de base dans les ateliers de Douglas et Catherine Harding.

La première fois, ce « voyage au ciel » est court mais évident, inattendu mais parfaitement clair. Bien que, après l'expérience, on retombe immédiatement dans « la conscience de tous les jours », ce contact ne peut plus jamais être oublié. Ou pour être plus précis, cela vous donne un moment de paix intérieure qui ne peut être oublié, parce que ce n'est ni une pensée, ni un sentiment, ni une sensation corporelle. Vous ne pouvez pas le ressortir de votre banque de données (ou de votre mémoire) pour le ressentir à nouveau. Catherine Harding met l'accent sur l'importance de l'impossibilité de se souvenir de l'impression de la vision. La vraie vision est toujours nouvelle, toujours fraîche, et pourtant toujours la même. Ce dont vous vous rappelez est en fait votre expérience personnelle, mais ce n'est pas la Source elle-même. Il est important de noter la différence entre les phénomènes périphériques qui accompagnent l'expérience d'une part, et le contact conscient avec la Source d'autre part.

La question « Qui suis-je ? » est la seule question qui en vaille la peine, mais en même temps, c'est la seule qui n'aura jamais de réponse parce que notre mental ne peut pas connaître la Vérité mais peut seulement s'en faire une image. La vraie Vérité est l'Inconnu.


Le chemin le plus court n'est pas le plus populaire

Comprendre les expériences de Douglas Harding est extrêmement simple, et les nouveaux venus n'ont pas besoin d'un entraînement particulier ni d'années d'étude intensive. A vrai dire les exécuter est ce qu’il y a de plus simple. Etant donné que c'est si évident, facile et accessible, la plupart des gens réagissent d'une façon critique et disent : « Etes-vous en train de me dire que vous n'avez pas besoin d'être un grand yogi ou un rishi avant de pouvoir voir “Cela” ? Croyez-vous vraiment que des “gens normaux” comme vous et moi peuvent être des voyants ? Cela ne peut pas être vrai, parce que c'est censé être accessible seulement aux grands yogis et maîtres spirituels. »

Le message que Douglas Harding veut partager avec nous n'est pas nouveau, bien évidemment. Il existe depuis des milliers d'années et est inclus dans toutes les traditions spirituelles. Mieux, il est le cœur de toutes les voies spirituelles. Mais tout le monde ne ressentira pas cela en découvrant ses livres. En lisant les livres de la Voie sans tête, ceux qui sont familiers avec la pratique du yoga, du tao, de l'advaïta ou d'autres voies spirituelles, diront qu'ils connaissent cela depuis toujours. Et qu'en fait la vision est seulement une petite partie de (l'état final de) leur voie. Cela peut être une des raisons pour lesquelles beaucoup d'entre eux n'essaient pas d'exécuter les expériences.

D'autres essaient vraiment de faire les expériences, mais n'y arrivent pas pour diverses raisons. Bien que Douglas nous demande de faire les expériences dans un esprit ouvert, sans avoir recours à la mémoire, beaucoup ne se fient pas à ce qu'ils trouvent, mais à ce qu'ils pensent qu'ils devraient trouver. Ou ils le comparent à ce qu'ils ont expérimenté durant d'autres expériences spirituelles. Pour la plupart des gens il semble très difficile de s'en remettre à la perception plutôt qu'à la pensée ou à ce que les autres (parents, enseignants) leur ont dit. Nous pouvons donc dire que beaucoup n'auront pas un contact vrai (conscient) avec la source intérieure parce qu'ils en attendent trop (ils s'attendent à avoir une vision de Krishna, ou à rentrer en lévitation), ou ils sont encore remplis des expériences de leur propre voie (et ils verront seulement ce à quoi ils s'attendent, ce qui sera la mémoire d'une précédente sensation), ou ils peuvent manquer le point, seulement parce qu'ils essaient trop fort, ou parce qu'ils pensent trop. Certains peuvent avoir des résistances intérieures car ils sentent que quelque chose est en train de saper leur personnalité ; d'autres encore peuvent arrêter l'expérience parce qu'ils ont peur de découvrir le Vide, ou de disparaître en tant que personne. D'autres peuvent avoir la vision vraie seulement pour un moment, et dire alors que cette vision est trop simple ou trop accessible pour être d'une quelconque valeur.

Il est vrai que, bien que la voie sans tête soit une des voies les plus courtes disponibles, elle n'est pas très populaire. Peut-être est-ce si difficile parce que c'est extrêmement simple et évident. D’après mon expérience, la partager avec d'autres n’est pas aussi évident que cela pourrait sembler. Mais cela ne change pas l’importance qu’elle a dans ma vie.


La vision claire libère

Je vous livre ici quelques conséquences personnelles de la découverte et de la pratique de la Vision depuis environ deux ans.

– J’ai découvert que je peux « voir » ce que des « experts » écrivent à propos de leurs expériences, au lieu de comprendre (avec mon mental) ce qu’ils décrivent dans leurs livres. Avant de rencontrer Douglas, j’avais lu Klein, Keers, Nisargadatta, Rajneesh, Watts et encore bien d’autres, et quand je prends à nouveau ces livres, je peux voir la différence entre ce que je lisais « avant de découvrir la Vision » et « après avoir découvert la Vision ».
– Je pense que les expériences proposées par Douglas sont un supplément idéal aux auteurs susnommés, et un pont reliant ces différentes idées d’origines variées. Bien que certains d’entre eux disent déjà que « Tout est Un », Douglas me donne la chance de pouvoir le vérifier maintenant par moi-même. Personne n’a mis en évidence aussi clairement que vous êtes la seule et déterminante autorité en ce qui concerne « votre Soi ». Et il met ces mots en pratique pendant les ateliers.
– Il y a des moments où je suis en « contact » avec la Source intérieure, et alors « tout est clair » ; cela peut apparaître durant un exercice de Douglas, ou cela peut survenir spontanément (en marchant dans la nature, en étant dans l’intimité avec une autre personne, en regardant une œuvre d’art, en parlant avec quelqu’un, en étant en colère, en prenant un bain chaud, en nageant avec des dauphins, en buvant un verre de vin,…). Ainsi, je peux dire que les effets des expériences font tache d’huile et imprègnent d’autres moments de ma vie (Douglas appelle cela méditer sur la place du marché). Bien sûr ces moments ne sont pas de vrais moments, c’est seulement après qu’ils apparaissent sur votre montre en tant que secondes, parfois en tant que minutes, de temps en temps comme une heure, mais en Réalité ils sont hors du temps.


Effets personnels de la vision

Bien que je sache que je suis cette Source tout le temps, je ne suis pas toujours conscient de ce phénomène. J’accepte d’avoir des allers-retours de prise de conscience entre la Source intérieure d’un côté (en pointant vers l’intérieur), et d’un autre côté l’identification avec une personne dans le monde (en pointant vers l’extérieur). En fait il y a toujours une vision dans les deux sens, mais je n’y suis pas toujours éveillé.
Mais il y a des différences majeures entre vivre à partir de la Vérité, à partir de ce Centre (appelé la 1ère Personne), et vivre à partir du personnage dans le miroir (la 3ème personne). Durant ces moments « hors du temps » je peux voir que :


Tout est à sa place, ça ne pourrait être différent, et c’est suffisant de le réaliser.



Retour à la liste des témoignages à propos de la Vision Sans Tête